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Edito

La pensée à l’Université : un éternel combat

Les Universités européennes ont toujours connu bien des pressions… Le combat à mener pour obtenir la liberté de penser a été long et douloureux. Dans les démocraties, l’université est devenue ce lieu libre où la pensée s’épanouissait, un lieu de réflexion, de recherche, d’éducation et de diffusion des savoirs et de culture. Mais aussi un lieu où le regard critique exigeant, posé par les universitaires sur la société et les pouvoirs, garantissait la bonne marche des institutions politiques, économiques, culturelles et sociales.

Si l’Université moderne ne risque pas la fermeture sur ordre de l’autorité politique, si ses intellectuels sont à l’abri de pressions morales ou physiques les obligeant à renoncer à leurs idées ou à changer leurs cours, ils sont en revanche les proies de pressions subtiles autrement plus modernes, mais aussi efficaces.

L’inévitable refrain de l’enseignant-chercheur : « je n’ai pas le temps ! » signale une grande menace. Débordé, dépassé, stressé par les contraintes administratives quotidiennes, la course à la publication dans des revues bien identifiées, d’où la hantise d’une carrière qui progresse peu, le tout formant ainsi la principale menace à la vie intellectuelle universitaire.

Le risque de sous-tendre la réflexion intellectuelle universitaire aux résultats de la recherche est nuisible à l’universitaire lui-même dont la réflexion intellectuelle s’appauvrit dans une spécialisation et une technicisation à outrance et à la richesse d’une réflexion intellectuelle globale.

Ajoutons à cela la volonté de dévaloriser le savant devant la vulgarisation des savoirs… : l’institution universitaire, comme lieu de pensée libre, est sérieusement menacée !